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Il n’existe pas un bilan obligatoire pour toutes les chutes

Une raréfaction progressive des tempes, une chute diffuse après un événement de santé et une plaque inflammatoire ne conduisent pas aux mêmes investigations. Certaines hypothèses se construisent surtout par l’observation. D’autres nécessitent un prélèvement local ou des analyses sanguines. Commencer par une liste unique de dosages ferait disparaître ces différences.

Le [référentiel CEDEF de 2023](https://cedef.org/wp-content/uploads/2023/09/Troubles-des-phaneres_CompressPdf.pdf) propose ferritine et TSH lorsqu’un effluvium féminin persiste au-delà de trois à six mois. Le passage ne présente pas la numération sanguine comme un troisième examen systématique. Il ne fixe pas non plus un délai pendant lequel il serait interdit d’explorer d’autres symptômes.

La numération formule sanguine, ou NFS, a notamment sa place lorsque l’histoire ou l’examen font rechercher une anémie. La ferritine explore les réserves de fer ; la TSH contribue à l’évaluation thyroïdienne. Ces analyses peuvent être réunies dans certaines situations, mais elles répondent à des questions différentes plutôt qu’à une formule universelle pour les cheveux.

Des règles abondantes, une fatigue inhabituelle, une alimentation devenue très restrictive ou des antécédents thyroïdiens peuvent changer la décision. À l’inverse, une forme clinique typique sans signe associé peut ne pas nécessiter de prise de sang immédiate. L’[AAD, société savante américaine](https://www.aad.org/public/diseases/hair-loss/treatment/diagnosis-treat), décrit aussi des examens complémentaires choisis après l’entretien et l’observation.

Pour comprendre une ordonnance, la question utile est donc : « Quelle hypothèse cet examen vérifie-t-il dans mon cas ? » Si aucune prise de sang n’est proposée, vous pouvez demander quels éléments soutiennent le diagnostic et dans quelles circonstances le réévaluer. Le nombre de lignes ne permet pas, à lui seul, de juger le sérieux de la démarche.

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Ferritine : rechercher une carence, pas un chiffre de repousse

La ferritine est utilisée pour apprécier les réserves de fer. L’hémoglobine, mesurée dans la numération, renseigne notamment sur l’existence d’une anémie. Une carence en fer et une anémie ne sont donc pas deux expressions interchangeables. Le manque de fer peut précéder la baisse de l’hémoglobine, et une anémie peut avoir une autre cause.

Dans les situations courantes de suspicion de carence, le [communiqué de la HAS du 14 juin 2011](https://www.has-sante.fr/jcms/c_1062859/fr/suspicion-de-carence-en-fer-quels-examens-prescrire) retient la ferritine en première intention. Il déconseille le fer sérique isolé et l’association systématique fer plus ferritine. Certaines situations, dont l’inflammation ou l’insuffisance rénale, peuvent nécessiter une exploration différente.

L’[Assurance Maladie, juin 2026](https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/anemie-par-carence-en-fer/symptomes-diagnostic), indique comme repères une ferritine inférieure à 20 ng/mL chez la femme et à 30 ng/mL chez l’homme ou la femme ménopausée. Ces valeurs concernent la carence en fer ; elles ne définissent pas la concentration qui assurerait une repousse des cheveux.

Ni le [CEDEF, en 2023](https://cedef.org/wp-content/uploads/2023/09/Troubles-des-phaneres_CompressPdf.pdf), ni le [communiqué HAS sur le fer de 2011](https://www.has-sante.fr/jcms/c_1062859/fr/suspicion-de-carence-en-fer-quels-examens-prescrire) ne fixent une ferritine de 70 µg/L comme cible garantissant la repousse. Il ne faut pas transformer un chiffre circulant en ligne en norme obligatoire. Pour apprécier une affirmation de ce type, demandez quelle recommandation précise l’énonce, pour quelle population et avec quel bénéfice démontré.

Une ferritine non abaissée ne clôt pas toujours le sujet : en présence d’inflammation, elle peut être normale ou élevée malgré un manque de fer. Une valeur basse appelle aussi une recherche de cause, pas seulement la lecture du nombre. Le résultat doit donc être rapproché de l’histoire clinique et des autres données utiles, sans viser seul une valeur choisie sur internet.

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La thyroïde s’explore par étapes

Une anomalie thyroïdienne peut faire partie des causes envisagées devant une chute diffuse, mais les cheveux ne suffisent pas à la reconnaître. Le médecin recherche un ensemble de signes et tient compte du contexte. Faire doser simultanément toutes les hormones thyroïdiennes ne remplace pas ce raisonnement.

La [HAS, recommandation de décembre 2022](https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2023-03/fiche_de_synthese_-_hypothyroidie_chez_ladulte_mel.pdf), recommande la TSH seule en première intention pour rechercher une hypothyroïdie primaire. La T4 libre intervient ensuite selon le résultat et la situation. La T3 libre n’est pas utile dans cette démarche diagnostique. Les situations particulières, notamment une atteinte centrale, sortent de cette simplification.

La prescription peut prévoir des examens en cascade : le biologiste réalise le dosage complémentaire si le résultat initial le justifie. Cette organisation ne signifie pas que l’analyse oubliée doit être réclamée ensuite par le patient. Elle permet de conditionner l’étape suivante à une information déjà obtenue.

Une valeur légèrement hors de l’intervalle de référence et une anomalie franche ne conduisent pas nécessairement au même calendrier. Certaines anomalies doivent être confirmées ; d’autres justifient d’emblée une caractérisation complémentaire. C’est pourquoi un compte rendu devrait être lu avec le prescripteur, plutôt qu’avec un tableau de seuils détaché de son contexte.

Les produits pris pour les cheveux doivent être signalés au médecin et au laboratoire. Une [information de sécurité diffusée sous l’autorité de l’ANSM en 2023](https://ansm.sante.fr/uploads/2023/03/13/20230313-dhpc-levothyroxine-courrier-ps.pdf) rappelle que la biotine peut perturber certains dosages thyroïdiens. Indiquer le produit exact aide à interpréter un résultat discordant ; le laboratoire précise les éventuelles précautions adaptées à sa méthode.

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Pourquoi ne pas doser toutes les vitamines et toutes les hormones ?

Un examen a une utilité lorsqu’il peut répondre à une hypothèse et modifier une décision. La présence d’un nutriment dans le fonctionnement du cheveu ne démontre pas que son dosage systématique améliore la prise en charge. Il faut distinguer le rôle biologique d’une substance, l’existence éventuelle d’une carence et l’intérêt clinique de mesurer cette substance.

La [HAS, dans son évaluation publiée en 2013](https://www.has-sante.fr/jcms/c_1670152/fr/la-has-ne-reconnait-pas-d-utilite-au-dosage-de-vitamine-d-en-routine), n’a pas établi d’utilité au dosage de vitamine D en routine dans de nombreuses situations. Ce travail portait sur le dosage, pas sur l’ensemble des indications possibles d’un traitement par vitamine D. Ne pas doser ne signifie donc pas que cette vitamine serait sans importance.

Le [mémo de l’Assurance Maladie actualisé en 2024](https://www.ameli.fr/laboratoire-danalyses-medicales/exercice-liberal/memos/dosage-vitamine) énumère six situations limitant la prise en charge de ce dosage. La chute de cheveux isolée n’y figure pas. Si une autre indication est présente, le raisonnement change : la personne ne se résume pas à son symptôme capillaire.

De même, un bilan hormonal féminin peut être justifié par des cycles irréguliers, un hirsutisme ou d’autres signes associés ; il n’est pas automatiquement indiqué devant toute perte de densité. Dire que l’exploration est ciblée évite deux erreurs opposées : prescrire sans question, ou refuser un dosage pertinent parce qu’il ne serait pas prévu dans une liste standard.

Il reste utile de demander comment seront interprétés les résultats. Que fera-t-on si une valeur est basse ? Quelle autre explication sera examinée si elle est normale ? Cette anticipation rend la prise de sang plus compréhensible. Elle évite aussi de transformer chaque différence avec l’intervalle du laboratoire en nouvelle cause certaine de la chute.

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Ce qu’une prise de sang normale ne permet pas d’exclure

Une prise de sang normale ne suffit pas à éliminer une maladie du cuir chevelu. La [SFD, fiche pelade de 2025](https://dermato-info.fr/tout-savoir-sur-la-pelade), décrit une affection inflammatoire dont le diagnostic ne repose pas sur un bilan nutritionnel standard. Une plaque sans cheveux appelle donc d’abord une évaluation de sa présentation.

Chez l’enfant, des squames et des cheveux cassés peuvent orienter vers une teigne. L’[algorithme du centre de preuves de la SFD](https://centredepreuves.sfdermato.org/actualite/41-teignes-algorithme-de-prise-en-charge-des-teignes-de-lenfant) prévoit une démarche spécifique autour de l’examen et du prélèvement mycologique. Une numération, une ferritine et une TSH ne répondent pas à cette question infectieuse.

Les alopécies cicatricielles demandent une attention particulière parce qu’elles peuvent détruire les follicules. Une publication de la [SFD sur l’alopécie frontale fibrosante, 2014](https://www.sfdermato.org/media/pdf/fmc/alopecie-a7f6f433b541ca827d1112be59a5e0f9.pdf), illustre ce groupe de maladies. Une bordure frontale qui recule avec modification de la peau ou atteinte des sourcils ne doit pas être banalisée sur la seule base d’analyses normales.

Des douleurs, une inflammation persistante, des pustules ou une évolution rapide justifient un avis médical sans attendre un bilan de convenance. L’enjeu est de choisir l’examen qui correspond à la question clinique. Il peut s’agir d’une observation spécialisée ou d’un prélèvement local, et pas forcément d’une analyse sanguine supplémentaire.

Le bilan biologique n’est donc ni une formalité obligatoire, ni une garantie que toutes les causes ont été éliminées. Il complète une démarche qui commence avec votre histoire et votre cuir chevelu.

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Sources

  1. CEDEF, Troubles des phanères, 2023 ↗
  2. HAS, Suspicion de carence en fer : quels examens prescrire ?, communiqué du 14 juin 2011 ↗
  3. Assurance Maladie, Anémie par carence en fer, 2026 ↗
  4. HAS, Hypothyroïdie adulte, recommandation 2022, synthèse diffusée en 2023 ↗
  5. ANSM, Biotine et dosages thyroïdiens, 2023 ↗
  6. HAS, Dosage de vitamine D en routine, 2013 ↗
  7. Assurance Maladie, Conditions du dosage de vitamine D, 2024 ↗
  8. SFD, Tout savoir sur la pelade, 2025 ↗
  9. SFD, Algorithme des teignes de l’enfant ↗
  10. SFD, Alopécie frontale fibrosante, 2014 ↗
  11. AAD, Diagnostic de la chute, source américaine consultée en 2026 ↗