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Combien de cheveux peut-on perdre normalement ?

Le cheveu se renouvelle : sa chute ne signifie pas, à elle seule, que le follicule qui le produit a disparu. Le mot alopécie désigne une raréfaction ou une perte des cheveux ; il ne donne pas encore la cause. La première question est donc de savoir s’il existe une diminution réelle de densité, une augmentation transitoire de la chute, ou des cheveux qui cassent.

Les repères français ne sont pas identiques. Le [CEDEF, référentiel 2023](https://cedef.org/wp-content/uploads/2023/09/Troubles-des-phaneres_CompressPdf.pdf), mentionne une perte physiologique de 30 à 150 cheveux par jour. La [Société Française de Dermatologie, Dermato-Info, 2026](https://dermato-info.fr/tout-savoir-sur-lalopecie), indique 50 à 100. Ces fourchettes décrivent une variabilité ; elles ne constituent pas une frontière permettant de se diagnostiquer avec un comptage.

Une observation ponctuelle ne décrit pas toute votre chevelure. Voir des cheveux dans la douche, constater que la raie s’élargit et remarquer une plaque sans cheveux sont des informations différentes. Les réunir sous la seule formule « je perds trop » ferait perdre des indices utiles. Décrire ce que vous voyez est plus informatif que choisir immédiatement un nom de maladie.

Pour préparer un échange médical, vous pouvez noter la période où le changement est devenu visible, les zones concernées et les éventuels symptômes de la peau. Des photographies personnelles datées peuvent aider à raconter cette évolution, sans prétendre mesurer la chute. Les prendre dans des conditions semblables évite surtout de comparer un éclairage sombre à une lumière directe qui découvre davantage le cuir chevelu.

L’inquiétude mérite également d’être décrite. Éviter certaines coiffures, surveiller constamment la brosse ou ne plus vouloir être photographié sont des conséquences concrètes. Elles n’établissent pas la gravité biologique du problème, mais disent ce que vous vivez. Il n’est pas nécessaire d’avoir une zone entièrement dégarnie pour que la question soit légitime.

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Un événement ancien peut expliquer une chute récente

L’effluvium télogène correspond à l’arrivée d’un nombre inhabituel de cheveux dans la phase du cycle qui précède leur chute. Le phénomène peut devenir visible après un accouchement, une maladie fébrile, une intervention ou une période particulièrement éprouvante. Il est souvent diffus : ce n’est pas obligatoirement une plaque précise qui se vide.

Le délai brouille facilement les pistes. La [SFD, en 2026](https://dermato-info.fr/tout-savoir-sur-lalopecie), décrit une chute apparaissant généralement deux à trois mois après un événement déclencheur. L’[American Academy of Dermatology, consultée en 2026](https://www.aad.org/public/diseases/hair-loss/insider/shedding), évoque également un décalage de plusieurs mois. Cette information américaine complète les sources françaises ; elle ne constitue pas une recommandation de la HAS.

Il peut donc être utile de remonter au-delà de la semaine où les cheveux ont commencé à tomber. Une chronologie simple sépare l’événement initial, le début de la chute et son évolution. Elle évite d’accuser automatiquement le dernier shampoing acheté ou la dernière contrariété, simplement parce qu’ils sont plus faciles à se rappeler.

L’arrêt d’une contraception, une perte de poids importante ou certains médicaments peuvent aussi faire partie de l’histoire à examiner. L’AAD rappelle qu’un médicament suspecté ne doit pas être interrompu brutalement sans échange avec son prescripteur. Mentionner un produit est une étape d’enquête, pas la démonstration qu’il est responsable.

Un effluvium peut être transitoire, mais cette possibilité ne permet pas de promettre une date de retour à la densité précédente. Une cause persistante, une autre forme d’alopécie associée ou un diagnostic différent changent l’interprétation. « Cela peut repousser » et « cela repoussera forcément » ne sont pas des phrases équivalentes.

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Une chute diffuse et une plaque n’orientent pas pareil

La répartition aide à organiser les hypothèses. Une perte sur l’ensemble du cuir chevelu, un éclaircissement surtout au sommet et une plaque nettement limitée ne racontent pas la même chose. Ce sont des points de départ pour l’examen, pas des catégories parfaitement étanches : certaines présentations sont moins typiques que les photographies des fiches médicales.

La [SFD, dans sa fiche sur la pelade de 2025](https://dermato-info.fr/tout-savoir-sur-la-pelade), décrit une maladie inflammatoire pouvant provoquer des zones dépilées. Elle ne se résume donc pas à une carence ou à un défaut de soins capillaires. Une perte soudaine localisée mérite d’être montrée, même si la peau n’est pas douloureuse.

Des cheveux cassés, des squames ou des zones inflammatoires conduisent à examiner d’autres causes. Chez l’enfant notamment, une teigne peut toucher le cuir chevelu. La [fiche de la SFD sur les mycoses cutanées](https://dermato-info.fr/tout-savoir-sur-les-mycoses-cutanees) rappelle cette possibilité infectieuse. Une prise de sang générale n’identifie pas à elle seule le champignon responsable.

Les pratiques de coiffage ont également leur place dans l’échange. Tractions répétées et gestes qui fragilisent la tige peuvent produire une apparence de perte de volume. L’[AAD explique la différence entre dommages du cheveu et maladie du follicule](https://www.aad.org/public/diseases/hair-loss/insider/stop-damage). Décrire extensions, défrisages ou coiffures très serrées ne revient pas à vous rendre responsable de la chute.

Enfin, certaines alopécies détruisent les follicules et sont dites cicatricielles. Une inflammation persistante, une peau qui change d’aspect ou une raréfaction associée des sourcils justifient un avis dermatologique rapide. La question n’est alors pas seulement de quantifier ce qui tombe, mais de vérifier que les structures permettant la repousse sont préservées.

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À quoi servent les examens du cuir chevelu ?

L’examen commence par regarder et toucher le cuir chevelu, observer les cheveux et préciser les zones atteintes. Un test de traction doux peut compléter cette observation. Il ne constitue pas un exercice à répéter chez soi pour se rassurer : son intérêt repose sur une technique et une interprétation intégrées au reste de l’examen.

La trichoscopie est une observation agrandie du cuir chevelu et des cheveux avec un dermoscope. Elle peut montrer des différences de calibre, des cheveux cassés ou des modifications autour des follicules. Le compte rendu doit expliquer en quoi ces signes soutiennent une hypothèse ; le simple nom de l’appareil n’est pas un diagnostic.

Un document du [groupe d’imagerie de la SFD, 2021](https://www.sfdermato.org/media/pdf/mini-site/la-trichoscopie-de-l-aag-corr-2021-05-03-63c78a32a484092d6e885f534330e09e.pdf), décrit notamment l’anisotrichie : des cheveux de diamètres différents. Une disparité touchant au moins 20 % des cheveux est présentée comme un signe caractéristique de l’alopécie androgénétique. Ce repère spécialisé ne se mesure pas de manière fiable à partir d’un selfie.

Le trichogramme répond à une autre question : des cheveux prélevés sont étudiés pour préciser leurs phases de croissance. Il n’est pas automatiquement nécessaire lorsque l’histoire et l’examen suffisent. Si une biopsie du cuir chevelu est envisagée, le médecin doit expliquer l’hypothèse recherchée et ce que le prélèvement pourrait apporter.

Ces outils ne sont pas les étapes obligatoires d’un parcours identique pour tout le monde. Un diagnostic très évocateur peut demander moins d’examens qu’une présentation atypique. À l’inverse, l’absence d’anomalie sur une analyse sanguine ne remplace pas l’observation d’une plaque ou d’une zone inflammatoire.

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Quand une prise de sang devient-elle utile ?

Le [CEDEF, en 2023](https://cedef.org/wp-content/uploads/2023/09/Troubles-des-phaneres_CompressPdf.pdf), propose un dosage de ferritine et de TSH lorsqu’un effluvium féminin se prolonge au-delà de trois à six mois. Cette formulation concerne une situation précise. Elle ne signifie ni que toute chute impose ces dosages, ni qu’il faudrait attendre ce délai devant d’autres signes préoccupants.

Une fatigue inhabituelle, des pertes de sang, des modifications importantes du cycle menstruel ou d’autres symptômes peuvent conduire le médecin à explorer plus tôt une cause particulière. La numération sanguine, par exemple, répond à une suspicion d’anémie. Le choix dépend de l’ensemble du tableau, et non du seul nombre de cheveux retrouvés.

Avant les examens, rassemblez les résultats déjà disponibles et la liste des médicaments ou compléments utilisés. Cela aide à éviter de refaire une analyse récente sans raison. Vous pouvez aussi demander ce que chaque dosage cherche à confirmer, et comment une valeur normale ou anormale modifierait la suite.

Après l’évaluation, le point essentiel est de savoir ce qui a été retenu, ce qui reste incertain et dans quelles circonstances réexaminer la situation. La surveillance a un sens lorsqu’elle repose sur ces repères. Elle n’est pas synonyme d’abandon, pas plus qu’une longue ordonnance ne garantit une explication.

Une chute brutale se comprend donc à partir d’une histoire, d’une répartition et d’un examen. La rapidité d’apparition compte, mais ne dit pas tout du pronostic.

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Sources

  1. CEDEF, Troubles des phanères, 2023
  2. SFD, Tout savoir sur l’alopécie, 2026
  3. SFD, Tout savoir sur la pelade, 2025
  4. SFD, Tout savoir sur les mycoses cutanées
  5. SFD, Trichoscopie de l’alopécie androgénétique féminine, 2021
  6. AAD, Hair shedding, source américaine consultée en 2026
  7. AAD, Hair damage, source américaine consultée en 2026