Pourquoi le moment compte
Le cycle n'est pas un état stable. Les hormones qui le pilotent montent et descendent selon une chronologie précise, et un dosage n'est donc pas une mesure absolue. C'est une photographie prise à un instant. Lue au mauvais moment, elle raconte autre chose que ce qu'on cherchait à savoir.
Le début de cycle, entre le deuxième et le cinquième jour
Le premier jour du cycle est le premier jour des règles. La fenêtre du deuxième au cinquième jour sert de point de référence : l'œstradiol y est bas et ne masque pas la FSH, ce qui rend le rapport entre FSH et LH lisible.
C'est aussi la fenêtre habituelle des androgènes, testostérone totale et sulfate de DHEA, et de la 17-hydroxyprogestérone, dont le taux s'élève naturellement en seconde partie de cycle et deviendrait ininterprétable plus tard.
La prolactine et la TSH ne dépendent pas du cycle, mais elles sont souvent prélevées dans le même temps, ce qui évite un second déplacement.
Ce qui se lit à n'importe quel moment
L'hormone antimüllérienne est stable d'un bout à l'autre du cycle et reflète le stock folliculaire. La glycémie à jeun, l'insulinémie, l'hémoglobine glyquée et le bilan lipidique ne dépendent pas non plus du cycle, mais ils demandent d'être à jeun.
La progestérone, en seconde partie de cycle
Elle sert à savoir s'il y a eu ovulation. On la dose environ sept jours avant les règles suivantes, ce qui ne veut pas dire mécaniquement le vingt et unième jour : sur un cycle de trente-cinq jours, c'est plutôt le vingt-huitième.
Les conditions comptent autant que la date
La prolactine se dose le matin, au repos, après un quart d'heure de calme. Un effort, un stress, un repas ou une stimulation mammaire suffisent à la faire monter transitoirement, et un résultat isolément élevé se recontrôle avant d'en tirer quoi que ce soit.
Le cortisol se dose le matin, entre sept et neuf heures.
La glycémie, l'insulinémie et le bilan lipidique demandent d'être à jeun.
Et une contraception hormonale met la plupart de ces dosages en sommeil : les résultats reflètent alors le traitement, pas le fonctionnement propre du cycle.
Et si les cycles sont irréguliers
La notion de deuxième jour se discute, puisqu'il n'y a pas de règles régulières auxquelles se référer. Deux voies existent, attendre des règles ou doser à un moment quelconque et interpréter le résultat avec le reste du tableau clinique. C'est une décision médicale, et c'est une des raisons pour lesquelles un bilan hormonal se construit en consultation plutôt qu'à partir d'une liste.
Ce que cet article n'est pas
Ce n'est pas une liste d'examens à demander. Le choix des dosages appartient au médecin, qui les adapte à la situation et à la question posée.
