À quoi sert la nomenclature des actes de biologie ?
La nomenclature des actes de biologie médicale, ou NABM, organise les actes reconnus pour leur prise en charge dans le cadre habituel de l’Assurance Maladie. Elle ne se confond ni avec la liste de toutes les analyses techniquement réalisables, ni avec le catalogue d’un laboratoire. L’existence d’un test ne suffit donc pas à établir qu’il est remboursable dans chaque situation.
L’[Assurance Maladie présente sa table de codage dans une fiche de 2020](https://www.ameli.fr/node/5991). Un acte possède un intitulé et un code permettant d’identifier précisément ce qui a été réalisé. Selon les actes, des conditions de prise en charge peuvent s’ajouter. Le nom général d’un bilan ne remplace pas la vérification de ses différentes composantes.
Les conditions d’indication font partie de cette vérification. Le [mémo officiel de l’Assurance Maladie sur la vitamine D, actualisé en 2024](https://www.ameli.fr/laboratoire-danalyses-medicales/exercice-liberal/memos/dosage-vitamine), précise par exemple que les situations cliniques retenues figurent comme conditions limitatives dans la nomenclature. Une ordonnance ne transforme donc pas automatiquement un examen réalisé hors de ces conditions en acte pris en charge. Le contexte de prescription reste déterminant.
Il faut également séparer une décision médicale d’une décision administrative. Un examen peut être écarté parce qu’il ne répond pas à la question clinique, parce qu’il ferait double emploi ou parce que son résultat ne changerait pas la suite. Un problème de remboursement porte, lui, sur les règles applicables au financement. Les explications ne sont pas interchangeables.
Demander quel problème l’analyse devrait aider à résoudre permet de clarifier la discussion. Si la réponse attendue est vague, comme vérifier absolument tout, le choix du test reste difficile à justifier. Si une hypothèse précise est formulée, il devient plus facile d’expliquer pourquoi un examen est retenu, différé ou remplacé par une démarche mieux adaptée.
Que signifie le taux de remboursement annoncé ?
Le [tableau de l’Assurance Maladie de janvier 2026](https://www.ameli.fr/assure/remboursements/rembourse/tableau-recapitulatif-taux-remboursement) indique un remboursement habituel de 60 % pour les actes de biologie cotés B dans le régime général. Ce pourcentage s’applique à la base de remboursement, pas nécessairement à l’ensemble de la somme facturée. Les prélèvements et certains autres actes peuvent obéir à des règles distinctes.
Un taux général n’est pas un calcul personnalisé du reste à charge. Le régime d’affiliation, les droits ouverts, une éventuelle exonération, la complémentaire et les conditions de l’acte doivent être considérés. Présenter un pourcentage sans préciser sa base peut donner l’impression qu’une facture globale sera remboursée dans les mêmes proportions, alors que ses lignes ne relèvent pas forcément du même cadre.
Il existe aussi une participation forfaitaire. Selon l’[Assurance Maladie, en 2026](https://www.ameli.fr/assure/remboursements/reste-charge/participation-forfaitaire-2-euros), elle est de 2 € par acte de biologie pour les personnes concernées, avec une limite de 8 € par jour et par laboratoire exécutant. Des personnes en sont exonérées. Elle n’est pas remboursée par les complémentaires dans le cadre des contrats responsables.
Ces mécanismes expliquent pourquoi tiers payant et gratuité ne sont pas synonymes. Le tiers payant évite l’avance d’une partie des frais ; certaines participations peuvent être déduites plus tard. De même, une complémentaire peut intervenir selon le contrat sans garantir la couverture de toute analyse. Le relevé et la facture doivent permettre de comprendre à quoi chaque montant correspond.
Avant un examen annoncé non remboursé, l’information utile porte donc sur son nom, la raison de cette situation et le montant demandé. Il ne suffit pas de savoir qu’il appartient à un bilan complet. Une présentation séparée des actes médicaux et des prestations annexes permet d’éviter les ambiguïtés, notamment lorsque plusieurs intervenants participent au même parcours.
Pourquoi le dosage de vitamine D est-il limité ?
La vitamine D illustre la différence entre importance biologique et intérêt d’un dosage systématique. Qu’une substance joue un rôle dans l’organisme ne prouve pas que la mesurer chez toute personne améliore les décisions médicales. La question évaluée est plus précise : dans quelles situations connaître sa concentration apporte-t-il une information utile pour le diagnostic ou la prise en charge ?
Le [mémo de l’Assurance Maladie actualisé en 2024](https://www.ameli.fr/laboratoire-danalyses-medicales/exercice-liberal/memos/dosage-vitamine) retient 6 situations de prise en charge : suspicion de rachitisme, suspicion d’ostéomalacie, suivi ambulatoire de l’adulte transplanté rénal au-delà de 3 mois, avant ou après chirurgie bariatrique, personnes âgées sujettes aux chutes répétées, et médicaments dont les caractéristiques officielles prévoient ce dosage.
Une restriction portant sur le dosage ne constitue pas un jugement général sur la santé de la personne ou l’importance de ses symptômes. Elle porte sur l’information que cet examen peut apporter dans le contexte considéré. Cela mérite une explication compréhensible, particulièrement lorsque l’analyse avait été présentée ailleurs comme une vérification évidente ou indispensable pour tout le monde.
Dans son [évaluation publiée en 2013](https://www.has-sante.fr/jcms/c_1670152/fr/la-has-ne-reconnait-pas-d-utilite-au-dosage-de-vitamine-d-en-routine), la HAS ne reconnaissait pas d’utilité démontrée au dosage de routine dans de nombreuses situations. Mesurer une vitamine et décider d’une prise en charge sont deux questions distinctes : l’absence de dosage ne permet pas, à elle seule, de conclure qu’un complément serait nécessaire ou inutile.
Si le médecin ne retient pas ce test, la discussion peut rester ouverte sur le motif initial : fatigue, douleurs, risque osseux ou autre préoccupation. Écarter une analyse ne signifie pas que la question du patient est close. L’explication attendue doit porter sur la démarche proposée pour cette question, plutôt que sur une simple opposition entre examen autorisé et examen refusé.
Que montrent les exemples du fer, de la thyroïde et du PSA ?
Pour une suspicion courante de carence en fer, la [HAS indiquait en 2011](https://www.has-sante.fr/jcms/c_1062859/fr/suspicion-de-carence-en-fer-quels-examens-prescrire) de commencer par la ferritine sérique. Une ferritine basse permet d’établir une carence. Le fer sérique seul et l’accumulation de marqueurs ne constituent pas une meilleure exploration de principe. Certaines situations, notamment inflammatoires ou rénales, demandent toutefois une interprétation et des examens adaptés.
Le choix initial d’un marqueur n’est pas une recherche incomplète par défaut. Il correspond à une façon d’obtenir une réponse utile avant d’ajouter d’autres analyses. Il ne faut pas non plus confondre l’exploration des réserves en fer avec l’ensemble de l’enquête sur une anémie ou ses causes. Le périmètre de la recommandation compte autant que son intitulé.
Pour rechercher une hypothyroïdie primaire chez l’adulte, la [HAS recommande en 2022](https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2023-03/recommandation_prise_en_charge_des_hypothyroidies_chez_ladulte_mel.pdf) la TSH en première intention, puis les examens complémentaires utiles selon le résultat et le contexte. Le document n’établit pas le bénéfice d’un dépistage systématique de tous les adultes asymptomatiques. Il décrit aussi des situations particulières qui ne doivent pas être ramenées à une règle unique.
Pour la prostate, la [HAS rappelle dans son référentiel de 2013](https://www.has-sante.fr/jcms/c_1623737/fr/detection-precoce-du-cancer-de-la-prostate) qu’un programme de dépistage par PSA n’est pas recommandé en population générale ni chez les hommes à haut risque. Cela ne signifie pas que tout dosage individuel serait interdit. Une discussion informée et une exploration motivée par une situation clinique doivent être distinguées d’un programme systématique.
Ces exemples montrent des décisions prises examen par examen. Ils ne permettent pas d’attribuer à la HAS une phrase générale interdisant tous les bilans sanguins. La conclusion raisonnable est plus précise : la prescription repose sur une question, une population et un usage. Les recommandations peuvent limiter un dosage de routine tout en lui reconnaissant une place dans certaines circonstances.
Qu’implique un bilan commercial présenté comme complet ?
Le mot complet n’est pas une catégorie de remboursement. Il décrit souvent une offre dont le contenu doit être détaillé : consultation, analyses, organisation des rendez-vous, interprétation ou accompagnement. Une promesse générale ne permet pas de savoir quels actes relèvent de la nomenclature. Le nombre d’examens inclus ne suffit pas davantage à déterminer leur utilité pour une personne précise.
Il faut distinguer un programme facturé globalement de soins éventuellement prescrits et facturés séparément. Un forfait d’organisation non remboursé ne rend pas nécessairement tous les actes médicaux extérieurs non remboursables. À l’inverse, la présence d’un médecin dans le parcours ne garantit pas la prise en charge du prix du programme. Chacune de ces situations appelle une information distincte.
Le [parcours longévité HEBEIA](/check-up-sante) distingue la conciergerie, proposée sur devis personnalisé et non remboursée, des prestations médicales. Consultations, analyses et imagerie font l’objet de devis séparés, acceptés avant réalisation et réglés directement aux professionnels. Leur éventuelle prise en charge dépend des règles applicables à chaque acte et de votre situation ; elle n’est pas garantie par la souscription de la conciergerie.
Une offre claire devrait également permettre de comprendre comment les examens sont sélectionnés et ce qui se passe si un résultat nécessite une suite. Le lecteur doit pouvoir distinguer information, prescription et financement. Une longue liste d’analyses ne remplace aucune de ces explications, et un examen non retenu ne devrait pas être ajouté seulement pour donner une impression d’exhaustivité.
Le point essentiel est donc moins la longueur du bilan que la cohérence de sa démarche. Savoir pourquoi une analyse est envisagée, quelles conséquences son résultat pourrait avoir et comment elle sera financée permet une décision mieux comprise. Ces questions restent pertinentes dans un parcours public comme dans une proposition privée, sans préjuger des besoins médicaux individuels.
Sources
- Assurance Maladie, Codage des actes biologiques et NABM, 2020 ↗
- Assurance Maladie, Taux de remboursement, janvier 2026 ↗
- Assurance Maladie, Participation forfaitaire, janvier 2026 ↗
- Assurance Maladie, Conditions du dosage de vitamine D, 2024 ↗
- HAS, Utilité du dosage de vitamine D en routine, 2013 ↗
- HAS, Examens en cas de suspicion de carence en fer, 2011 ↗
- HAS, Prise en charge des hypothyroïdies chez l’adulte, décembre 2022 ↗
- HAS, Détection précoce du cancer de la prostate, 2013 ↗
